« Bon sang, mais c’est bien sûr ! », disait le commissaire Bourrel…

Lorsque je me suis penchée sur le masochisme coté intello, j’ai cherché à lire les auteurs célèbres qui en parlaient. Je suis tombée sur Theodor Reik, célèbre psychanalyste et psychiatre, deuxième derrière le non moins célèbre Sigmund Freud.

Et voici comment il nous parle du masochisme, il identifie les déesses païennes, belles et terrorisantes, comme étant celles devant lesquelles les fidèles se prosternaient, et auxquelles ils obéissaient, à la Dominatrice d’aujourd’hui.

Il écrit  : « Elles sont la personnification de la « Beauté » et de la « Terreur », pour le masochiste moderne, la femme qui tourmente a le même charme que ces idoles. Elle est l’Astarté des temps modernes ». (Astarté : déesse phénicienne de la destruction)

Donc Theodor identifie bien ces déesses et notamment Astarté, l’une des plus cruelles, à la femme qui tourmente aujourd’hui dans les donjons.

Dominatrice Paris

Athéna du Varvakeion, copie de l’Athéna chryséléphantine de Phidias..

Athéna : déesse vierge qui ne connaît pas d’aventures. Elle gicle de la tête de Zeus, brandissant en armure de guerrière sa lance et son bouclier. Elle est la protectrice d’Athènes. Elle est déesse de la guerre, de la pensée, des armes et de la sagesse.

Masoch, lui, fantasmait sur Isis l’égyptienne, la Grande Déesse par excellence. « Je me représente la femme comme la personnification de la nature, la déesse Isis et l’homme comme son prêtre et son esclave. J’ai reconnu en elle la cruauté analogue à celle de la nature… » (Leopold von Sacher-Masoch, la Vénus à la fourrure, introduction Gilles Deleuze dans Présentation de Sacher-Masoch, le froid et le cruel avec le texte intégral de La Vénus à la fourrure, éditions de Minuit, collection « arguments », 1967)

Dominatrice Paris

Circé offrant la coupe à Ulysse, par John William Waterhouse.

Circé : magicienne, elle fait boire aux hommes un cycéon, breuvage composé de gruau d’orge, de miel et de lait caillé. Dès qu’ils ont bu, elle les transforme d’un coup de baguette en pourceaux. On la retrouverait au Moyen Âge dans les légendes populaires d’Italie, mêlée à la figure d’Hérodiade sous le nom d’Aradia, fille de Diane et de Lucifer.

L’écrivain James Joyce a réécrit le périple d’Ulysse. Joyce y apporte clairement l’élément masochiste. Cela se passe à Dublin. Stephen Dedalus et Léopold Bloom en sont les héros. Bella Cohen, mère maquerelle d’un bordel, domine, maltraite, humilie Léopold. Bella ne le transforme pas en pourceau comme dans l’Odyssée, mais elle le féminise, et il devient Léopoldine. Elle le propose à ses clients. La mère maquerelle se virilise. Elle promet de le féconder et de l’accoucher. (James Joyce - Ulysse éd poche, à lire absolument)

Et aujourd’hui les dominatrices se virilisent pour nos petits soumis, pas homo comme ils disent, mais qui proposent leur intimité aux godes-ceintures des maîtresses.

 

à suivre…