Rédemption

Rédemption

Symboliquement, ce montage représente pour moi une terre déshumanisée. Où après le désastre, la Mère-Nature a immédiatement engendré des arbres, de la végétation. Elle a appelé ses compagnes, la Terre Mère, la Mère-Mer. Seul le pilote d’hélicoptère semble survivre. Il survole la terre et cherche désespérément des compagnons d’infortune. Dans son infinie bonté, la Nature envoie l’une de ses filles, déesse rédemptrice. Elle va sortir des eaux celui qui a su se protéger avec une armure de caoutchouc. Il a ainsi évité l’issue fatale, née d’un crime commis envers notre Mère à tous, la Nature. La rédemptrice va le mener vers un monde nouveau. Un monde où il apprendra : « à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette et cet envers sera son véritable endroit ». (emprunté à Antonin...
Les masos de la mythologie

Les masos de la mythologie

 Déviants ? vous avez dit déviants ? Mais alors très vieille déviance car les dieux l’étaient aussi. Sisyphe : « et je vis Sisyphe qui souffrait de grandes douleurs et poussait un énorme rocher avec ses deux mains. Et il s’efforçait, poussant ce rocher des mains et des pieds jusqu’au sommet d’une montagne. Et quand il était près d’en atteindre le faîte, alors la masse l’entraînait, et l’immense rocher roulait jusqu’au bas. Et il recommençait de nouveau, et la sueur coulait de ses membres, et la poussière s’élevait au-dessus de sa tête ». Hercule : Hercule le grand, se vend comme esclave à Omphale qui l’habille en femme alors que les gravures la représentent dans des accoutrements masculins à ses côtés. Le dieu Pan, amoureux d’Omphale… se glissa un jour dans leur lit, et en fut chassé… Jaloux il répandit dans toute la Grèce, la rumeur d’un Hercule efféminé, filant la laine aux pieds d’Omphale. Juste Duits qualifie Hercule aux pieds d’Omphale de « mythe fondateur » ou « emblématique » du sadomasochisme. Jean Pierre Vernant ne s’y trompe pas, en nous disant que Hercule est avant tout le héros qui passe les limites et brave les interdits. « Il le fait tout aussi bien en devenant doux et soumis.» Prométhée : Prométhée fut accusé d’avoir volé le feu aux dieux, depuis le char du Soleil. Jupiter furieux demande à Vulcain de l’enchainer à un rocher, où un aigle devrait lui dévorer éternellement le foie.   Hermès : il se travestit et apparaît souvent sous les traits d’une jeune femme. Le Sphinx « La forme du vrai Sphinx est...
Les Déesses-Mères

Les Déesses-Mères

Lorsque je me suis penchée sur le masochisme coté intello, j’ai cherché à lire les auteurs célèbres qui en parlaient ! Je suis tombée sur Theodor Reik, célèbre psychanalyste et psychiatre, deuxième derrière le non moins célèbre Sigmund Freud.

Et voici comment il nous parle du masochisme, il identifie les déesses païennes, belles et terrorisantes, comme étant celles devant lesquelles on se prosterne, et auxquelles on obéit, à la Dominatrice d’aujourd’hui.

Maléfique

Maléfique

Désormais, le prince charmant ne sauve plus. Pourquoi ce film, qui n’est jamais qu’une légende revisitée, dérange tant ?  Le conte, recentré sur le personnage de ‘’la méchante fée’’  éclaire la genèse du maléfice de « La belle au bois dormant ». Dissertation sur ‘’l’amour sincère’’, le film questionne sur son existence entre hommes et femmes. Peut-il être dans l’ opposition intemporelle nature culture. La Nature est ici bonne fantaisiste et généreuse. La Culture, celle du pouvoir du Père, est destructrice, matérialiste, conquérante et intrusive. Deux mondes s’opposent.  L’héroïne est forte, on la voit dès son enfance dotée de cornes, d’ailes et de pouvoirs magiques. Elle en use avec innocence dans un univers où l’intérêt personnel n’existe pas. Le prénom Maléfique est hors de propos. Il sonne comme une provocation, dans cette bienveillance bleutée qui évoque le monde d’ ‘’Avatar’’. Ses cornes, symbole d’une puissance connectée avec le cosmos, l’affilient aux images de créatures légendaires puissantes et craintes, supposées accomplir de sombres desseins. Elle communique avec l’ invisible. Elle veille à l’ordre des choses, du vivant, statufiée telle une gargouille de Notre Dame, entre ange maléfique et démon bénéfique. Son erreur sera d’avoir un instant d’égarement, d’amour qu’elle a cru vrai, auprès d’un simple mortel. Assujetti au fascinant intérêt du pouvoir, il saura feindre l’amour pour amputer cruellement la fée de ses ailes, ce trophée lui assurant le trône. Elle ne deviendra maléfique littéralement, commettant le mal, qu’après avoir été abusée dans son amour. La voracité de l’homme, sa prédation, la façonneront en guerrière et armeront ses prières. In fine, elle effraie, dérange, mais ne commet pas le mal réel. A l’image de la...
La bête

La bête

Fascinée par King-Kong,  je l’ai été par la poésie et le merveilleux de ce film. Jeux de pouvoir, la « Belle et la Bête » la bête protectrice et soumise devant le charme de sa proie. King Kong sur une île peuplée d’indigènes devenus extatiques et monstrueux (la cause le pétrole. clin doeil à la lutte contre la pollution). Les indigènes sacrifient la Belle à la Bête comme une offrande à leur idole, leur Dieu… Puis à la fin la Belle protège la Bête au péril de sa vie, en vain… Une leçon d’humanité à ceux qui sacrifient ou qui exploitent les animaux. C’est un lien passionnel que les détails de la mise en scène permettent, et l’exacerbent, car là les trucages sont au service de l’émotion ! La bête exerce fascination sur le spectateur, en particulier dans la dernière partie du film présentant, et c’est libératoire. L’anthropomorphisme est à son paroxysme, la bête a des sentiments, des réactions, un comportement, HUMAINS. Cette fascination ne s’articule pas que sur le gigantisme, la monstruosité, la dangerosité potentielle de la bête. Elle se révolte, chacun frissonne en l’imaginant capable du pire. Or, du fond de sa douleur, de sa révolte, la bête n’a qu’un objectif : retrouver cette « Belle », qui est sienne. La bête brave tous les dangers pour partager des instants fragiles et apocalyptiques, d’intimité avec sa belle. Il pourrait l’avaler, l’écraser, il la contemple, il l’aime, il est dans la fascination. Elle devient sa déesse. Il protège sa déesse. Ses yeux sont pleins d’amour, ce n’est pas de la lubricité, la sexualité entre ces deux êtres est impossible, elle ne peut être que...