L’œuf

 

La toile de Johann Heinrich Füssli, à gauche, évoque le ventre maternel dont parlent les psychanalystes Otto Rank et Sándor Ferenczi. Cette enveloppe qui rappelle l’état fusionnel, un paradis où le petit homme n’avait besoin de rien. Il était la greffe vivante de maman.  Sur cette toile Régis Michel conservateur des arts graphique au musée du Louvre évoque l’état fœtal de Gunther, « l’Éros suspensif  » de Gunther Scènes SM à la cour de Worms. Il poursuit avec ces mots : « Gunther est suspendu à son crochet comme un quart de viande (…) Le prince de rhénan, chevalier modèle, n’a plus guère de forme humaine. On dirait un œuf ».   Régis Michel jette un regard sur Brunehilde qu’il qualifie de « Phallique. Sadique (…)«  Voici Brunehilde en domina : vraie tortionnaire et fière de l’être ». Comment ne pas porter une réflexion sur l’art, la littérature, la psychanalyse en regardant la toile de Johann Heinrich Füssli ? Comment ne pas rapprocher nos réflexions quand on sait que l’homme masochiste viendra au donjon se faire enfermer dans des sacs de latex, se faire ligoter ou plastifier comme un œuf.

L’œuf par Christophe Mourthé