Maléfique

Maléfique

Désormais, le prince charmant ne sauve plus. Pourquoi ce film, qui n’est jamais qu’une légende revisitée, dérange tant ?  Le conte, recentré sur le personnage de ‘’la méchante fée’’  éclaire la genèse du maléfice de « La belle au bois dormant ». Dissertation sur ‘’l’amour sincère’’, le film questionne sur son existence entre hommes et femmes. Peut-il être dans l’ opposition intemporelle nature culture. La Nature est ici bonne fantaisiste et généreuse. La Culture, celle du pouvoir du Père, est destructrice, matérialiste, conquérante et intrusive. Deux mondes s’opposent.  L’héroïne est forte, on la voit dès son enfance dotée de cornes, d’ailes et de pouvoirs magiques . Elle en use avec innocence dans un univers où l’intérêt personnel n’existe pas. Le prénom Maléfique est hors de propos. Il sonne comme une provocation, dans cette bienveillance bleutée qui évoque le monde d’ ‘’Avatar’’. Ses cornes, symbole d’une puissance connectée avec le cosmos,   l’affilient aux images de créatures légendaires puissantes et craintes, supposées accomplir de sombres desseins. Elle communique avec l’ invisible. Elle veille à l’ordre des choses, du vivant, statufiée telle une gargouille de Notre Dame, entre ange maléfique et démon bénéfique. Son erreur sera d’avoir un instant d’égarement, d’amour qu’elle a cru vrai, auprès d’ un simple mortel. Assujetti au fascinant intérêt du pouvoir, il saura feindre l’amour pour amputer cruellement la fée de ses ailes, ce trophée lui assurant le trône. Elle ne deviendra maléfique littéralement, commettant le mal, qu’après avoir été abusée dans son amour. La voracité de l’homme, sa prédation, la façonneront en guerrière et armeront ses prières. In fine, elle effraie, dérange, mais ne commet pas le mal réel. A l’image...
La bête

La bête

Fascinée par King-Kong Je l’ai été par la poésie et le merveilleux de ce film. Jeux de pouvoir, la « Belle et la Bête » la bête protectrice et soumise devant le charme de sa proie. King Kong sur une île peuplée d’indigènes devenus extatiques et monstrueux (la cause le pétrole. clin doeil à la lutte contre la polution) Les indigènes sacrifient la Belle à la Bête comme une offrande à leur idole, leur Dieu… Puis à la fin la Belle protège la Bête au péril de sa vie, en vain… Une leçon d’humanité à ceux qui sacrifient ou qui exploitent les animaux. C’est un lien passionnel que les détails de la mise en scène permettent, et l’exacerbent, car là les trucages sont au service de l’émotion! La bête exerce fascination sur le spectateur. en particulier dans la dernière partie du film présentant, et c’est libératoire. L’anthropomorphisme est à son paroxysme, la bête a des sentiments, des réactions, un comportement, HUMAINS. Cette fascination ne s’articule pas que sur le gigantisme, la monstruosité, la dangerosité potentielle de la bête. Elle se révolte, chacun frissonne en l’imaginant capable du pire. or, du fond de sa douleur, de sa révolte, la bête n’a qu’un objectif: retrouver cette « Belle », qui est sienne. La bête brave tous les dangers pour partager des instants fragiles et apocalyptiques, d’intimité avec sa belle. Il pourrait l’avaler, l’écraser, il la contemple, il l’aime, il est dans la  fascination. Elle devient sa déesse. Il protège sa déesse. Ses yeux sont pleins d’amour, ce n’est pas de la lubricité, la sexualité entre ces deux êtres est impossible, elle ne peut être que...
Un bien étrange godemiché

Un bien étrange godemiché

Pour remédier à la mort de la libido des veuves,  Mark Sturkenboom a conçu une bien étrange vanity case… Nommée 21 grammes,  elle s’ouvre avec un clef en laiton plaquée or et suspendue au collier  de  la veuve. A l’intérieur de cette surprenante mallette il y a un godemiché contenant une urne dans laquelle se trouve 21 grammes des cendres du défunt, avoisine  un diffuseur du parfum de ces cendres et un I phone pour diffuser la musique Tout est imaginé par l’artiste afin de faire revivre à la veuve les meilleurs moments de son intimité...
L’homme et sa part féminine

L’homme et sa part féminine

Oublions pour un temps le constat de Nietzsche : l’homme naît« chameau », assujetti aux horizons du « on », car il porte passivement le lourd fardeau des valeurs, des opinions et des jugements inculqués dès l’enfance. Il devra se métamorphoser en lion, combattre, puis redevenir enfant pour être libre et présentable. Mais reprenons la philosophie des Maîtresses : l’homme descend du singe. La dominatrice descend de l’Olympe. Elle est venue mettre de l’ordre là où le patriarcat avait fait de la femme une esclave. Certaines se sont libérées du joug. On les a bien connues les rebelles : la Roxane du Bajazet de Racine, la Dalila, la Judith, la Catherine II de Russie que l’on appelait Catherine Le Grand. Mais il y a encore du boulot et nous devons lutter pour les plus faibles. Le mâle s’est tout de suite armé d’un glaive pour faire la guerre… Paré d’attributs phalliques, Tandis que la femme privilégie les valeurs maternelle, l’homme  est dans la chasse, la conquête, le pouvoir, l’emprise et la destruction. Il parait qu’il aurait des problèmes avec son  autre moi, sa part féminine ! Élisabeth Badinter prétend que devenir un homme accompli passe par changer les couches des enfants et donner le biberon. Erreur, la nidification n’est pas du tout leur truc !  Non, chez eux, la part féminine refoulée est celle de la putain et de la souillon. Nous, dominatrices pensons obliger ce « saigneur » de guerre à se travestir en bonniche pour effectuer tous les travaux ménagers, le repassage entre autres, et l’envoyer tapiner, fringuée en catin, pour ramener l’argent du ménage. Alors à son tour la dominatrice deviendra : «...

Bondage Fetters

Bondage Fetters www.fetters.co.uk Ma folie pour cette maison se déclenche lors de ma première visite chez eux. Je frappe à la porte de Jim Stewart, cet homme de théâtre qui, afin de réaliser ses rêves, avait commencé à créer les objets de la folie peu ordinaire. Je découvre tous les instruments de contrainte que notre civilisation a utilisés dans le but de châtier les condamnés, ou de contenir la folie. Des menottes, des colliers de fer copiés à l’identique sur ceux que portaient les galériens et les bagnards, les esclaves noirs. On les retrouve sur une toile de Goya, « Le petit prisonnier ». Mon regard est attiré par une cage à forme humaine inspirée par la Vierge de Nuremberg. J’aperçois de vraies camisoles psychiatriques en toile, d’autres en cuir, doublées de cuir ou de latex. Toutes sont renforcées. Une invraisemblable collection de cagoules orne les murs. Je n’en ai jamais trouvées de cette qualité. Elles sont doublées d’un cuir souple et elles sont travaillées à la manière des gants de boxe. Les artisans anglais spécialisés qui les fabriquent, sont réputés dans le monde entier. C’est avec eux que Jim a appris à travailler le cuir. J’en essaie une. Je suis isolée. Silence, je suis illuminée. À l’heure où j’écris, Fetters est devenu au bondage, ce qu’Hermès est à la maroquinerie. C’est John qui a développé commercialement Fetters et Jim en est resté le designer. Les fous de bondage du monde entier sont fanatique de Fetters...